jeudi, 17 décembre 2009
Sommet de Copenhague: souffle au service d'un élan permanent
Histoire de passer de tabou à boutade, convenons d’emblée que rien n’est stable dans ce monde, à l’exception notoire de… l’instabilité. Ainsi de notre environnement, dont les « sautes d’humeur », entre autres manifestations, se singularisent par ce que nous assimilons volontiers à des « variations climatiques », sujet actuellement à l’ordre du jour, à Copenhague, au moment, crucial, où ces lignes sont écrites…
Savoir glisser de tabou à boutade, pour peu que l’on s’y prenne avec un minimum de doigté, c’est à coup sûr accéder aux deux atouts majeurs que sont: le bonheur, c’est-à-dire la faculté d’adapter les circonstances à notre situation, et la sagesse, autrement dit l’art d’adapter notre situation aux circonstances. Désireux de m’exercer et de m’adapter au glissement inaugural de l’article, je me suis comme résolu à enrichir, du moins à éclairer, ma perception de la « chose environnementale et écologique » vue sous l’angle des « menaces climatiques », d’un regard qui soit autant autre que nôtre, car inscrit au patrimoine de notre mémoire littéraire et philosophique. Dans cette perspective, guidé en cela par l’esprit fécond du doute et le soupçon d’autre chose, j’ai entrepris de revisiter certaines œuvres intemporelles[1], interpellant à coups de lectures angoissées et parfois angoissantes leurs auteurs, dont j’aurais vivement souhaité qu’ils participent au Sommet de Copenhague. En tant que « souffle au service d’un élan permanent », l’identité de ces auteurs se décline comme suit[2]: Hannah ARENDT, George ORWELL, Elie WIESEL, et Benjamin DISRAELI.
L’affaire est entendue: les penseurs dont le nom figure sur ma « short list » ne pourront pas participer physiquement au Sommet de Copenhague, pour des raisons plutôt faciles à imaginer… Qu’à cela ne tienne: leurs analyses et réflexions restent, maintenant plus que jamais, de nature à enrichir les débats actuels, ainsi que les enjeux, cruciaux, qui s’y rattachent, d’un nouvel éclairage, d’un regard qui, pour être autre, n’en est pas moins… nôtre, pour des raisons évoquées à l’instant…
Tout compte fait, les participants au Sommet de Copenhague sont conviés par l’Histoire – cette Histoire dont ils contribuent actuellement à écrire une nouvelle page – à se souvenir que:
[3]Les promesses sont l’unique moyen humain de structurer le futur, ainsi que de le rendre prédictible et plausible, de telle sorte que notre avenir demeure humainement possible (Hannah ARENDT)
[4]La plupart des gens dorment paisiblement la nuit dans leurs chambres, à partir du moment où des brutes se tiennent prêtes à poser des actes de violence, à leur place et en leur nom (George ORWELL)
[5]Notre devoir est de donner du sens à la vie, prix à payer pour la débarrasser de la passivité et de l’indifférence (Elie WIESEL)
[6]Ce ne sont pas les circonstances qui influencent les hommes, et pour cause: ce sont plutôt les hommes qui contribuent à influencer les circonstances (Benjamin DISRAELI)
Cela étant, évitons de nous figer, si ce n’est de nous crisper, dans des positions extrêmes, dès lors que, clin d’œil à Monsieur Friedrich NIETZSCHE, le plus beau point de vue se situe à mi-pente…
A bon entendeur, salut…
Michel ODIKA, le 17 décembre 2009
[1]. Exercice auquel je me suis prêté dans un article publié dans les colonnes de La Tribune de Genève, intitulé Appel à témoins: Sommet de Copenhague oblige.
[2]. L’ordre alphabétique étant le classement le plus imbécile qui puisse exister, j’ai fait le choix de citer ces auteurs « en vrac ». Que les puristes ne m’en tiennent pas rigueur…
[3]. Promises are the uniquely human way of ordering the future, making it predictable and reliable, to the extent that thus is humanly possible (Hannah ARENDT).
[4]. Most people peaceably sleep at night in their bedrooms, only because rough men stand ready to do violence on their behalf (George OEWELL).
[5]. Our obligation is to give meaning to life, and in doing so to overcome the passive and indifferent life (Elie WIESEL).
[6]. We must not say: “Circumstances create men”. We’d rather say: “Men help create circumstances” (Benjamin DISRAELI).
10:09 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnment, écologie, développement durable, climat




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