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mardi, 24 novembre 2009

Sommet de Copenhague: éclat de cristal contre écran de fumée

En tant qu’enjeu et défi majeur de nos sociétés, l’environnement perçu à travers le spectre du dérèglement climatique est comme à la croisée des chemins. Et pour cause: jamais auparavant nos modes de consommation et de production, bref nos comportements, n’ont été mis à si rude épreuve. Convenons aussi que jamais auparavant nous n’avons été conviés à faire autant de choix – parfois, si ce n’est souvent – difficiles: entre responsabilité et insouciance, entre engagement et démission, entre solidarité et indifférence, entre harmonie et discorde, entre justice et arbitraire… Pour le reste, cet exercice d’équilibriste de tous les instants est d’autant plus difficile que, au-delà des choix à faire, ce que l’on appelle la sacro-sainte « liberté », plutôt que de faire des choix, n’est autre que l’aptitude à questionner la pertinence et la cohérence des choix à faire…

Voici qu’approche le Sommet de Copenhague, une de ces grandes messes de nature à rappeler que l’histoire se décrit parfois avec des symboles, mais s’écrit toujours avec des faits. Pointe donc à l’horizon un événement de taille, une date vers laquelle nous convergeons nos regards, date dont on ne sait même pas si elle fera date, date vers laquelle nous avançons d’un pas hésitant, pas esquissé par des « leaders » dont les propos quelque peu balbutiants ont de quoi inspirer ce commentaire: « ça bafouille et ça cafouille »… En résulte, inéluctablement, cette cacophonie planétaire peu favorable à ce que certains, assez nombreux, osent encore appeler le « concert des nations ».

Il est actuellement piquant de noter que nos déclarations d’intention sont certes de plus en plus nécessaires, mais aussi, hélas, de moins en moins suffisantes, en l’absence d’engagements précis et fermes (fermes comme un coup de… poing). Prendre des précautions avant pour éviter des ennuis après, tel pourrait être le credo à promouvoir. Et, dans la foulée, tel est assurément le prix à payer pour que le compromis trouvé ne se révèle pas être, à terme, une… compromission.

Au-delà des calculs d’épiciers, des marchandages de camelots, des combines de couloir et des jeux de pouvoir, tout l’enjeu du Sommet de Copenhague sera de trouver le plus juste équilibre possible entre concessions, compensations et adaptations. Au menu, plusieurs questions plutôt corsées s’offrent d’ores et déjà à un débat qui n’aura rien d’un dîner de gala. Pourtant, nombre de défis ne demandent qu’à être relevés. Notamment tout ce qui tend à rappeler que:

1)      quand bien même nous n’avons pas toujours le même passé, nous devons à présent avoir le même… avenir ;

2)      il est grand temps que, désormais, nos choix de société relèvent davantage de l’innovation salutaire que de la simple nouveauté publicitaire ;

3)      dans le lit de l’hypocrisie, de cette hypocrisie si souvent habilement maquillée en courtoisie de salons feutrés, sommeillent, profondément, tous les non-dits et agendas secrets.

 

En somme, le Sommet de Copenhague fera œuvre utile s’il aide chacun à assimiler et intérioriser ceci: « prendre conscience, c’est avant tout se faire violence ». D’où la nécessité, vitale et cruciale, d’un sursaut collectif. D’où, autant sinon davantage, ce postulat de base, censé tenir lieu de ligne de départ et ainsi résumé: La terre n’appartient à personne parce qu’elle est le trésor de tout le monde, au même titre que la Terre appartient à tout le monde parce qu’elle n’est le trésor de personne. Sauf à vouloir trahir et/ou travestir nos aspirations les plus légitimes et louables, nous n’avons pas d’autre choix que celui, nécessaire et salutaire, de faire du Sommet de Copenhague une expérience positive, constructive et instructive. Ensemble, méditons nos piétinements pour les uns, et rêvons de moins rêver pour les autres. L’enjeu et le défi sont de taille. Car tel est le prix à payer pour qu’un éventuel succès ressemble davantage à un éclat de cristal, durable et stable sans jamais éblouir, qu’à un écran de fumée, autant habile à luire qu’à nuire à force d’éblouir, un peu comme ce feu de paille allumé, non pas en ordre de bataille, mais plutôt en ordre de… pagaille.

Michel ODIKA, le 24 novembre 2009

 

 

 

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